Quand le CNOM imagine la médecine du futur

Depuis janvier 2016, le CNOM (Conseil National de l’Ordre des Médecins) se montre force de proposition quant à une éventuelle révolution de notre système de santé. A partir de plusieurs pistes, les professionnels de santé ont déjà élaboré le plan d’une nouvelle médecine plus locale et centrée sur le patient. Mais quelles sont les attentes du corps médical pour les présidentielles 2017 ? Quelles sont les mesures phares que souhaitent les médecins ?

Médecins au bord de la rupture, internes des hôpitaux et infirmiers en grève, burn-out… Le corps médical français va mal. En cause, un système de soin inadapté face aux évolutions grandissantes de la médecine actuelle. Les besoins des patients ont changé, les attentes des professionnels de santé ont évolué. En janvier 2016, ils étaient plus de 95% des médecins à estimer devoir réformer notre système de santé sans plus attendre.

Antoine Vial, auteur de « Santé, trésor menacé », pointe du doigt dans son ouvrage tous les dysfonctionnements de notre médecine, les retords de santé publique, l’inquiétante situation des hôpitaux, la faiblesse de l’information médicale mais aussi l’arrivée de nouveaux usages dans le corps médical (Internet, nouvelles technologies…). Le livre nous ouvre les yeux sur plusieurs chiffres alarmants : 41% des postes en chirurgie ne sont pas pourvus dans les hôpitaux. Quant à l’exode vers les cliniques privées, il est retentissant : 88% des chirurgiens qualifiés en orthopédie traumatologie se sont exilés dans le secteur privé de 2002 à 2012. Le nombre de chirurgiens dans le domaine public n’a augmenté que de 8% dans les CHU et à peine plus dans les centres hospitaliers universitaires (CH). Un déséquilibre qui ne cesse donc de prendre de l’ampleur.

Patrick Bouet, Président du Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM), prend la parole pour défendre les professionnels de santé qui tiennent à bout de bras. Les professionnels sont dans l’attente d’une véritable innovation dans l’organisation du système de santé français.

Chirurgien France Opération Médecin Anesthésiste

Un objectif prioritaire de décloisonnement

Ce que les médecins attendent avant tout de la part des candidats à l’élection présidentielle, c’est avant tout de donner une nouvelle perspective de coordination des soins. Une initiative qui se doit d’être locale, simple, efficace et surtout plus proche des usagers. Une véritable réforme à partir des territoires est envisagée avec pour objectif de remédier à la désertification médicale et de développer une coopération médecine de ville et hôpitaux. Pour répondre aux besoins des patients avec l’appui des nouvelles technologies numériques, le CNOM souhaite voir construire les fondations d’une nouvelle pratique médicale plus souple, plus mobile et plus évolutive. Le CNOM évoque plus de temps médical pour les médecins et un mode de rémunération plus valorisant.

Numerus clausus généralisé

Afin de parvenir à ce décloisonnement, tout le parcours de professionnalisation des futurs médecins est remis en cause. Le CNOM critique des méthodes de formation en décalage avec les enjeux actuels et propose plusieurs points :

  • La généralisation du Numerus clausus à partir des capacités de formation des établissements universitaires pour former les futurs médecins en fonction des besoins du territoire,
  • L’instauration du PACES (Première Année Commune aux études de Santé) pour limiter le taux d’échec,
  • La personnalisation des cycles jusqu’à l’internat,
  • La formation continue avec une recertification.

Sources :