Vous avez peut-être reçu un courrier de l’Assurance maladie qui vous invite à un « bilan prévention », et il est resté sur un coin de table. Un arrêté publié au Journal officiel du 2 août 2026 vient d’en revoir les règles, avec effet au 1er octobre. Trois choses changent : les kinésithérapeutes peuvent désormais le faire, le tarif est fixé à 30 euros, et vous pouvez ressortir du rendez-vous avec un vaccin ou un test de dépistage.
Ce qui change le 1er octobre 2026
L’arrêté du 28 juillet 2026 remplace celui du 28 mai 2024, qui encadrait le dispositif depuis son lancement. Il est paru au Journal officiel n° 0179 du 2 août 2026, et son article 7 fixe l’entrée en vigueur au premier jour du deuxième mois suivant la parution. Cela nous mène au 1er octobre 2026.
Rien ne disparaît, tout s’élargit. Le rendez-vous reste ce qu’il était : un temps d’échange de trente à quarante-cinq minutes sur votre sommeil, ce que vous mangez, ce que vous bougez, votre moral. Ce qui bouge, c’est la liste des professionnels autorisés à vous recevoir, le tarif, et ce que vous pouvez y ajouter sans reprendre un autre créneau.
Qui a droit à un rendez-vous de prévention ?
Quatre âges de la vie ouvrent ce droit, et ils n’ont pas bougé :
- entre 18 et 25 ans inclus,
- entre 45 et 50 ans,
- entre 60 et 65 ans,
- entre 70 et 75 ans.
Vous avez 47 ans ? C’est votre fenêtre, et la suivante n’arrivera pas avant vos 60 ans. Un point à connaître avant de décrocher votre téléphone : le rendez-vous n’est facturable qu’une fois par personne et par tranche d’âge, quel que soit le professionnel. Si vous l’avez fait à 46 ans chez votre pharmacien, vous n’y avez plus droit à 49 ans chez votre médecin.
Aucune condition de santé n’est demandée. Vous n’avez besoin ni d’un symptôme, ni d’une ordonnance, ni de l’accord préalable de votre médecin traitant.
Combien ça coûte : 30 euros que vous ne payez pas
| Ce que dit l’arrêté | Le détail |
|---|---|
| Tarif du rendez-vous | 30 € en métropole, 31,50 € en outre-mer |
| Ce que vous avancez | Rien, prise en charge à 100 % par l’Assurance maladie |
| Dépassement ou majoration | Interdits par le texte |
| Rendez-vous à votre domicile | Possible, avec des frais de déplacement en plus |
| Qui peut le facturer | Les professionnels conventionnés, et les centres de santé adhérents |
Vous ne sortez donc pas votre carte bancaire, et vous n’attendez aucun remboursement. C’est l’un des rares moments du parcours de soins où la question de l’argent ne se pose pas.
Qui peut vous recevoir, kinésithérapeutes compris
Voilà la nouveauté la plus visible. Cinq professions sont désormais habilitées : les médecins, les sages-femmes, les infirmiers, les pharmaciens et les masseurs-kinésithérapeutes.
L’arrivée des kinés se comprend vite. Ils suivent leurs patients sur plusieurs séances, ils parlent mouvement, douleur et sommeil toute la journée, et on leur confie souvent des choses qu’on ne dit pas ailleurs.
Deux limites à garder en tête. La participation reste volontaire, donc tout le monde ne le proposera pas. Et pour vous aider à trouver, l’arrêté oblige maintenant à publier les coordonnées des professionnels volontaires et les informations de prise de rendez-vous sur le service public d’information en santé, celui qui alimente santé.fr.
Ce que vous pouvez faire en plus, dans le même rendez-vous
C’est le point le plus utile du texte, et le moins commenté. En principe, ce rendez-vous ne se cumule pas avec un autre acte le même jour. L’arrêté ouvre une exception : si un besoin apparaît pendant l’échange, un acte peut s’ajouter, un seul, et il dépend de qui vous avez en face de vous.
- Chez le médecin : une consultation de base, un frottis cervico-utérin ou un électrocardiogramme.
- Chez la sage-femme : une consultation de base, un frottis ou une vaccination.
- Chez le pharmacien : une vaccination, ou un kit de dépistage du cancer colorectal.
- Chez l’infirmier : une vaccination, ou un kit de dépistage du cancer colorectal.
Vous pouvez donc ressortir votre vaccin fait et votre test dans la poche, sans reprendre un créneau dans trois semaines.
À la fin, le professionnel construit avec vous un plan personnalisé de prévention. Pas une liste de bonnes résolutions : deux ou trois priorités, choisies ensemble. On vous le remet, et il suit deux chemins. Il est déposé dans votre dossier médical partagé, et il part vers votre médecin traitant par messagerie sécurisée. Dans les deux cas, vous êtes informé avant et vous pouvez vous y opposer. Si vous préférez que rien ne circule, dites-le pendant le rendez-vous.
Comment prendre rendez-vous sans y passer la semaine
- Vérifiez votre tranche d’âge, et si vous l’avez déjà utilisée.
- Cherchez un professionnel qui le propose, sur santé.fr ou en passant à votre pharmacie, souvent la plus rapide à vous recevoir.
- Au téléphone, dites d’emblée « je voudrais un rendez-vous de prévention » et donnez votre âge. Le créneau à réserver n’a rien à voir avec celui d’une consultation ordinaire.
- Notez deux ou trois questions qui vous tiennent à cœur. Quarante minutes passent plus vite qu’on ne le croit.
Ce dernier point, nous le voyons de très près. Chez Belenos, le télésecrétariat médical nous place chaque jour entre les patients et leur cabinet, et ces rendez-vous longs sont ceux qui se perdent le plus facilement : mal identifiés au téléphone, calés sur quinze minutes au lieu de quarante, oubliés faute d’un rappel la veille. Une secrétaire qui entend « bilan prévention », qui pense à demander l’âge et qui bloque la bonne durée offre un vrai rendez-vous à quelqu’un. Nous ne donnons jamais d’avis médical et nous ne décidons rien à la place du praticien. Nous écoutons, nous orientons, et nous tenons le secret.
Sources
- Arrêté du 28 juillet 2026 relatif aux effecteurs, au contenu et aux modalités de tarification des rendez-vous de prévention, Légifrance
- Journal officiel n° 0179 du 2 août 2026, sommaire
- Mon bilan prévention, ameli.fr
- Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, août 2026
- Hospimedia, 5 août 2026
- UFR Simone Veil, premiers enseignements du dispositif
Mesure actée : arrêté publié au Journal officiel du 2 août 2026, entrée en vigueur le 1er octobre 2026. La participation des professionnels reste volontaire, l’offre près de chez vous n’est donc pas garantie et se construira progressivement. Cet article n’est pas un avis médical : pour toute question sur votre santé, adressez-vous à votre médecin, et à votre caisse d’assurance maladie pour vos droits. Informations vérifiées au 10 août 2026, susceptibles d’évoluer.

